Encouragement ou louange…

Mais quel est la différence me direz-vous ?

Selon le Larousse, l’encouragement est l’« action de donner du courage à quelqu’un, le réconforter ou l’inciter à persévérer, à faire mieux, à stimuler ». Quant aux louanges, c’est l’action de « célébrer le mérite de quelqu’un ».

On y voit un peu plus clair, mais qu’est-ce que cela implique sur nos loulous ?

Les louanges vont souvent de pair avec un jugement ou une évaluation. Elles mettent l’accent sur le résultat de la performance, ce qui engendre une peur de l’échec pour l’enfant. Les éloges, étant basées sur le jugement, elles vont créer de l’anxiété et la peur de ne pas être accepté. Elles ne sont pas propices, selon H. Gind (docteur en psychologie à l’Université de Columbia) à l’autonomie et à l’autocontrôle.

A l’inverse, les encouragements favorisent la motivation et l’estime de soi. Ils mettent l’accent sur la qualité et la quantité des efforts fournis et non sur le résultat. Ils permettent l’acceptation d’être imparfait et favorisent la coopération plutôt que les rivalités ou la concurrence pour être le meilleur.

« L’encouragement est à l’enfant ce que l’eau est à la plante » Rudolph Dreikurs

En pratique, il est donc préférable d’encourager plutôt que de féliciter.

Pour que l’encouragement soit efficace cela implique, selon I.Fillizat :

  • de poser des questions, « comment as-tu fais pour construire …. »

  • l’utilisation par l’adulte du je, « Je trouve les couleurs de ton dessin très jolies »

  • de l’empathie, «  Je crois que tu es un peu fatigué ? »

  • de la reconnaissance des efforts fournis, « tu as accompli un travail difficile… ». « Regarde les progrès que tu as fait… »

La communication non-verbale joue un rôle important pour encourager un enfant. Une main sur l’épaule, un sourire, une caresse dans le dos autant de petits gestes qui prennent tout leur sens pour les loulous. Il ne faut pas hésiter à accrocher les dessins de vos loulous ainsi que leurs photos. Je ne vous dis pas de transformer votre salon en musée dédié à votre petit Picasso. Pour ma part j’ai une grosse boîte réservée aux dessins de mes sweeties ainsi qu’à l’ensemble de leurs oeuvres d’art. J’ai affiché des dessins ainsi que des petits poèmes qu’ils m’ont écris dans mon bureau de directrice et mes élèves me demandent toujours si leur dessin sera affiché au même endroit. Ce que je fais évidement et je suis toujours très flattée quand ils me le demandent.

Ils ont tellement besoin de l’approbation de l’adulte que se soit à la maison où à l’école. Ils aiment qu’on leur dise que leur travail ou leur dessin… est beau ou bien fait, mais ils ont surtout besoin de savoir pourquoi il est beau. Ils veulent que notre jugement ne soit pas trop subjectif ou affectif.

Faire des activités ayant des résultats concrets, comme la cuisine, leur permettent également une auto-évaluation. Ces activités peuvent se faire en collaboration avec papa et maman et là pour les loulous « c’est trop bien ».

A travers ces activités vous pourrez amener votre loulou à réaliser des choses qui le sortent de sa zone de confort, sans toutefois le mettre face à une trop grande difficulté. Cette collaboration, vous permettra de faire avec lui, de trouver des solutions ensemble pour réussir au mieux. Il faudra, au préalable avoir aménager l’espace et le matériel afin de l’adapter au mieux à la taille et à l’âge de l’enfant pour favoriser son autonomie.

Il y a toujours un risque d’échec, néanmoins il faudra montrer à l’enfant qu’il est aimé quelque soit les résultats. L’échec sert à la réussite. Mais ça c’est un autre sujet qui fera l’objet d’un nouvel article.

Attention toutefois à ne pas devenir le coach de vos loulous, prévient Catherine Mathelin-Vanier, « le parent est pris par ses affects et son inconscient. Il est dans une relation trop passionnée et trop compliquée avec son enfant pour faire preuve de neutralité et de sérénité ».

L’encouragement fera de nos loulous des êtres autonomes avec une bonne confiance en eux. Pour y parvenir cela demandera quelques efforts, il est plus aisé de dire « Bon travail ! » que de prendre le temps de poser des questions quant aux étapes de réalisation d’une tache par exemple. Il y aura certainement des jours où nous nous le dirons quand même par manque de temps, cela ne fera pas de nous de mauvais parents mais simplement des parents qui essayent de faire de leur mieux.